L’Avare

Nouvelle création de la troupe de La Mare au Diable, « L’Avare » de Molière, revisité par Henri et Frédérique Lazarini

Détails de l'événement

Cet événement s'est terminé le 14 avril 2018

  • Lieu : La Mare au Diable

L'événement

Un jardin. Pas les jardins de Versailles avec la féerie des eaux. Pas le jardin d’Eden, ni ceux, suspendus, de Babylone. Un jardin d’herbes amères, de mauvaises herbes où gît un trésor gardé par un dragon : « Harpadragon » tapi sur sa cassette.

Dans ce jardin à l’abandon, non entretenu, où les orages (à la fois passionnels et météorologiques) éclatent à tout moment, Harpagon rôde sur son territoire balayé par les pluies torrentielles de l’automne. « L’Avare » est entouré de domestiques burlesques qui se terrent, fuient sa présence, se cachent sous les mousses, comme ces personnages-animaux surréalistes chers à Kafka ou à Bruno Schultz, bestiaire grotesque et poétique. Mais l’Avare est entouré aussi de sa famille, jeunes gens follement amoureux.
Et c’est bien lorsque ses enfants connaissent l’amour qu’ils deviennent menaçants pour leur père. L’amour les engage à la révolte. La passion les engage à se rebeller enfin contre l’autorité paternelle, contre l’injustice d’une société archaïque et cruelle. La passion est le levier majeur, celui qui fait sauter les cadenas sociaux et qui provoque les tempêtes dans le jardin familial.
La passion, grand thème de l’Avare : quand elle prodigue une énergie positive, elle fait s’émanciper les jeunes gens qui se lèvent face au joug du père-tyran ; quand elle suscite une énergie négative, elle lie de façon mortifère Harpagon à l’objet fétiche : la cassette, fixation amoureuse de l’Avare sur l’argent. Mais ce qu’il faut mettre en exergue bien sûr et révéler avec un esprit ludique, une malice d’enfant, c’est la comédie dans L’Avare, une rire à la fois jubilatoire et grinçant, d’où la nécessité d’allier la violence des passions exprimées à la farce pure, source du prodigieux comique moliéresque. Vitez le dit : « Chacune des œuvres de Molière, presque chaque scène, repose sur un schéma farcesque archaïque, très simple. C’est un schéma qui provient de Térence, de Plaute, de toutes les farces du monde finalement. Et à partir de schémas archétypaux, Molière « invente un autre théâtre. »

Ce sera là notre tâche : rendre compte de ce double aspect, farcesque et passionnel à la fois (« grotesque » au sens hugolien), c’est à dire tenter d’atteindre cet « autre théâtre » qu’a inventé Molière.

Mise en scène de Frédérique Lazarini
Dramaturgie : Henri Lazarini

Musique : John Miller

Scénographie : Philippe Leroy

Avec : Didier Lesour, Stéphane Aydjian, Bruno Aguilée, Jean-Pierre Aujoulat, Alex de Chabalier,  Nathalie Coppolani, Laurine Dalmasse, Sandra Emond, Etienne Georges, Clément Héroguer, Françoise Munch, Lydia Nicaud, Messaline Paillet, Edmond Thanel, Sylvie-Cécile Tombarel, Pierre-Marie Verchère

Les vendredis et Samedis à 20h30

Le Dimanche 25 mars à 16h00